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Quelle UE voulons-nous? Euro-Leaders et Euro-Citoyens ensemble vers une démocratie commune (I). Franck Biancheri (2004)

Quelle UE voulons-nous? Euro-Leaders et Euro-Citoyens ensemble vers une démocratie commune (I). Franck Biancheri (2004)

Le raisonnement européen: marché commun -> marché unique -> monnaie unique -> démocratie unique s’applique aussi à la démocratie commune.

Le caractère exclusif du moteur politico-administratif de la construction européenne doit être modifié. Il est urgent de remplacer la méthode « top-down » par une méthode « bottom-up », pour inclure les femmes et les hommes dans le jeu européen.

Le raisonnement européen: marché commun -> marché unique -> monnaie unique -> démocratie unique s’applique aussi à la démocratie commune.

Le deuxième défi pour l’Union européenne dans les deux prochaines années consiste à mettre en place les conditions d’une démocratie européenne. Le peuple européen doit être placé au centre du processus européen et sa confiance renforcée. À l’heure actuelle, les acteurs de la construction européenne sont des structures (système de lobbying), alors que l’élément fondamental de toute démocratie est l’individu, pas le groupe.

Politisation du projet européen: Euro-leaders et Euro-citoyens

La méthode Jean Monnet, consistant à fonder le projet européen sur la rationalité économique, a pris fin. De nombreuses politiques, telles que la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) ou la politique de justice et d’affaires intérieures (JIA), entrent clairement dans le champ politique; avec l’Union monétaire, les institutions ne sont plus en mesure de refuser la question politique. La crise récemment vécue par l’Europe est en partie le résultat de ce phénomène. Assumer un rôle politique signifie introduire la dimension humaine dans le projet européen, à savoir les Euro-Leaders et les Euro-Citoyens des deux côtés de la machine administrative (les citoyens européens veulent être gouvernés par des hommes plutôt que par des machines).

La politisation de l’Union européenne, qui apparaît comme une condition centrale pour relancer le processus de construction européenne, va de pair avec la formulation d’un projet politique européen susceptible de motiver les citoyens. Sans un projet catalyseur, l’Union restera soumise à de sérieuses tendances centrifuges qui augmenteront les difficultés d’aujourd’hui.

Cependant, aucun projet politique fédératif ne semble aujourd’hui soutenu par les institutions européennes, ce qui intensifie le sentiment général de vide politique.

L’introduction de l’euro, avec ses énormes répercussions politiques, est essentiellement conçue comme un projet économique. Il ne s’agissait pas d’un projet réunissant des citoyens, mais de décideurs, des opérateurs économiques et financiers. Bien sûr, cela affecte directement les citoyens et a eu un impact significatif sur l’ensemble de l’Union et son avenir; cependant, ce n’était qu’un simple instrument sans but définitif aux yeux des citoyens.

L’élaboration d’une charte des droits fondamentaux, créée par une convention (la première du genre) réunissant des institutions et des représentants de la société civile, aurait pu être un projet susceptible de rassembler les citoyens et les bureaucrates européens. Néanmoins, une fois la Charte publiée (sans communication grand public), la manière dont la Charte a été créée n’a pas été rendue publique. Cela signifie que la plupart des citoyens européens ignorent son existence alors que ceux qui en sont conscients sont informés de son contenu.

La création d’une Constitution européenne serait, dans la situation actuelle de l’Union, très complexe et aboutirait très probablement à de profondes divisions entre ceux qui souhaitent voir l’Union sortir de l’impasse politique où elle est. Cela représente probablement le «rêve» des juristes et des universitaires, mais n’a aucun rapport avec les attentes concrètes des citoyens; un « rêve » d’une Union statique quand c’est fondamentalement un processus dynamique. Un tel projet prendrait des années et diviserait à la fois les États membres et l’opinion publique au sein de chaque État. Cependant, l’Europe manque de temps compte tenu des défis à venir auxquels l’Union devra faire face.

Pourtant, une fois que la notion d ‘«espace public européen» est apparue, les autorités de l’UE ont déclaré que c’était autour de cette idée que l’avenir de l’UE devait être construit. Mais ce concept reste sans aucun doute le fruit du système actuel, bien trop bureaucratique. Ne l’imaginer que dans des slogans pour de larges campagnes médiatiques publiques serait plus que suffisant pour le réaliser.

Néanmoins, une des conséquences de ces propositions est que les discussions d’aujourd’hui tournent autour d’une démocratie commune: une démocratie commune pour utiliser des outils communs et relever des défis communs, une démocratie commune pour définir ensemble le rôle spécifique de chaque partenaire institutionnel, une démocratie commune pour connecter et les hommes et les femmes à la tête de l’UE, et de ses citoyens.

Cette «course politique» devrait être rapidement explorée afin de permettre dans un an le lancement du futur chantier de la Communauté: ensemble vers une démocratie commune.

Son contenu, son processus, etc., tout cela devrait être rapidement renforcé. L’arrivée de l’euro dans la poche des citoyens a ouvert une période d’incertitude sociale, économique, culturelle et politique. 2002 a été le véritable point de départ du bouleversement historique créé par la monnaie commune. Il est extrêmement important d’avoir un système administratif communautaire crédible pour répondre aux défis actuels.

Franck BiancheriWhat kind of EU do we want (original anglais), 23/11/2004 ©FB Documentation

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