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Oui Nathalie Loiseau a bel et bien fait partie des pionniers de l’histoire de la démocratie (trans)européenne !

Oui Nathalie Loiseau a bel et bien fait partie des pionniers de l’histoire de la démocratie (trans)européenne !

Les médias français ont découvert récemment que Nathalie Loiseau, tête de la liste « Renaissance » du parti LaREM (La République en Marche) pour les élections européennes de mai 2019, avait déjà été candidate aux élections européennes. Effectivement, en 1989, à l’âge de 24 ans, elle était sur la liste de Franck Biancheri, Initiative pour une Démocratie Européenne (IDE), le tout premier parti politique transeuropéen, avant Newropeans2009, avant DiEM25, avant Volt, pour ne citer que les plus (re)connus.

Ce focus sur l’histoire électorale et politicienne de Nathalie Loiseau nous interpelle en premier lieu, puisqu’elle met en lumière Franck Biancheri et son rôle fondamental et fondateur dans l’histoire de la démocratie européenne, depuis la fondation de AEGEE-Europe (EGEE à l’époque), son rôle majeur dans l’existence du programme ERASMUS, la création des tous premiers partis politiques transeuropéens (IDE et Newropeans2009) et celle des tous premiers think-tanks citoyens européens (Prometheus-Europe, Europe2020, Tiesweb, Leap2020).

Nathalie Loiseau a d’ailleurs rappelé le rôle que Franck Biancheri a joué durant toute sa vie: « J’ai connu Franck par EGEE, puis IDE. Franck était un semeur. Ses idées ont germé et il laissé une trace profonde en chacun d’entre nous. Si son décès est un choc, soyons attentifs à poursuivre son oeuvre; L’Europe a besoin de son héritage intellectuel. … » Déclaration à consulter dans la rubrique « In Memoriam 2012 » du site de l’AAFB.

Pour revenir sur les articles qui ont été récemment publiés sur le passé électoral de Nathalie Loiseau (cf ci-dessous), l’AAFB, dont l’objet est la défense et la transmission de la mémoire de Franck Biancheri, décédé prématurément en 2012 à l’âge de 51 ans, souhaite apporter les éléments suivants pour permettre de contextualiser les informations diffusées.

L’expérience menée par ces jeunes visionnaires en 1989 n’était pas « ratée » mais pionnière !

IDE est le tout premier parti politique transeuropéen de l’histoire de la démocratie européenne créé en 1988 par Franck Biancheri (à l’époque âgé de 27 ans), alors qu’il quittait la présidence d’AEGEE-Europe, réseau d’étudiants transeuropéen (sans niveau national) qu’il avait fondé en 1985.

IDE a fait campagne dans toute la Communauté européenne (campagne des plages en été 1988 notamment) sous le même nom, avec le même programme, une seule assemblée décisionnaire (Agora) qui réunissait tous les membres européens du parti sans niveau national, et a présenté des listes en Espagne, France et Pays-Bas (ratant de quelques signatures sa présence en Allemagne fédérale – de l’ouest) pour les élections de juin 1989.

IDE était un défi historique et un défi démocratique à une époque où,

  • l’internet n’existait pas (pas de site, pas de blog, pas de mail, pas de moteurs de recherche, pas de wikipedia pour savoir comment fonctionnaient les procédures électorales dans les 12 pays européens…),
  • le téléphone portable n’existait pas (pas de tchats, pas de sms, juste des coûts téléphoniques internationaux (même pas de coûts européens)),
  • les réseaux sociaux n’existaient pas (des réunions à travers toute l’Europe),
  • les transports low-cost en Europe existaient à peine (Eurolines avait été lancé en 1985),
  • la couverture médiatique européenne n’existait pas (médias nationaux),
  • les outils de traduction simultanée n’existaient pas (IDE avait traduit en 6 langues les documents de campagne (allemand, anglais, espagnol, français, italien, néerlandais) et toutes les communications internes comme externes étaient bi- voire trilingues),
  • les jeunes politiciens européens n’existaient pas (aux élections européennes n’étaient admis que les partis politiques de l’establishment et les vieux politiciens ou ceux qui avaient perdu leur mandat régional/national comme lot de compensation…) – la moyenne d’âge de la liste IDE était de 28 ans, composée d’étudiants ou jeunes professionnels (c’est d’ailleurs ce que relève l’article du Parisien: « Placée en 49e position de la liste hexagonale, Nathalie Ducoulombier (son nom de jeune fille) n’a aucune chance d’être élue face aux poids lourds de la droite et de la gauche.« )
  • l’idée de transeuropéanisation de quoi que ce soit n’existait pas (tout au plus parlait-on dans les cercles bruxellois de « fédéralisme » et « d’Etats-Unis de l’Europe »),
  • le citoyen européen n’existait pas… Premier point du Manifeste pour la seconde Renaissance européenne de IDE: « La communauté a des institutions. Mais elle n’a pas de citoyens. »

Les moyens de communication de IDE, alors tout jeune parti politique sans aucune ressource financière, ont été:

  • le réseau européen de ses membres constitué dans tous les pays de la CEE, et leur grande mobilité via transports routiers (Eurolines, inter-rail, mais aussi les voitures…),
  • le minitel ! qui a permis de créer sans doute le premier site de campagne: « 36.16OSI*IDE » puis « 36.15 IDE » et que les membres d’IDE ont exporté en Allemagne, Espagne, Pays-Bas pour les besoins de la campagne électorale,
  • le télécopieur (fax) à l’époque en plein boom et bien moins cher que le téléphone, qui permettait de transmettre ce que IDE appelait les « info-fax ».

Spécifique à la France, à l’époque (et cela n’a pas changé malheureusement), les frais de campagne étaient à la charge des partis politiques eux-mêmes, c’est à dire, les professions de foi, les affiches de campagne, les bulletins de vote (+ leur acheminement auprès des plus de 70.000 bureaux de vote et la supervision que ces bulletins sont bien présents sur les tables des bureaux de vote… l’ensemble de la communication, couverture médiatique etc… dont le remboursement n’est acquis qu’aux partis politiques qui atteignent le seuil de 5%, sachant que les partis politiques déjà représentés reçoivent des subventions de l’état pour couvrir les frais de campagne)… En 1989, les frais de  campagne de IDE ont pu être couverts grâce à ses membres, dont la majorité était des étudiants qui ont contracté des prêts personnels.

Utopiques les jeunes d’IDE certes, mais pas naïfs!

IDE n’avait pas été conçu comme une machine politique pour gagner des élections ou quelques sièges mais comme une expérience, une innovation dans le processus politique et de démocratisation européen, une semence pour une « Europe politique unie et ouverte sur le monde » qui s’inquiétait du « regain du nationalisme à travers toute la Communauté » (communiqué de presse IDE contre le « national-partisme » … ), un doigt tendu vers un horizon d’Europe démocratique… encore aujourd’hui semble-t-il on ne regarde que le doigt.

Nathalie Loiseau était candidate sur la liste présentée en France et menée par Franck Biancheri. (cf la liste des candidats français de IDE). A ce titre, tout comme les 80 autres candidats de cette liste et ceux des listes espagnoles et néerlandaises, Nathalie Loiseau appartient effectivement à cette génération de pionniers de la démocratie européenne, elle fait partie de l’Histoire de l’Europe démocratique…

Trente ans plus tard, à l’exception de Newropeans en 2009, l’autre mouvement politique créé par Franck Biancheri, aucun autre parti politique ne peut se targuer d’avoir relevé ce défi de la transeuropéanité et de ce parcours.

Nous ne pouvons que nous réjouir de voir des politiciens issus de cette « école  de la démocratie européenne » s’engager dans cette campagne européenne pour tenter, fidèles à leurs convictions de jeunesse, de consolider cette Europe sur des bases démocratiques et fournir aux générations déjà émergentes un socle solide sur lequel elles pourront s’appuyer pour adresser les enjeux globaux qui caractériseront leur projet.

Espérons donc, autour de Nathalie Loiseau et de tant d’autres, cette européanisation des Européennes de mai prochain et tentons d’entendre au travers des crachotements des médias nationaux les discours de partis politiques transnationaux comme DiEM25 ou Volt, reprenant méthodes et idées développées quelques trente ans plus tôt par Franck Biancheri : « les Européens parlent aux Européens ».

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A consulter:

Les résultats:

Les articles:

Les références de l’AAFB:

Pour éviter toute confusion, nous attirons l’attention de nos lecteurs sur le communiqué de l’AAFB sur Gefira contre le détournement des sites Newropeans-Magazine.org et Newropeans, frauduleusement récupérés et détournés de leur objet: Pas au nom de Franck Biancheri!, AAFB, 10/09/2017 – Pour en savoir plus sur Newropeans, nous consulter: info@franck-biancheri.eu

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