Biographie

Vendredi 30 Avril 2010
         
Une Europe plus démocratique dans son fonctionnement et plus influente dans le monde, tel est le projet pour lequel je me bats sans interruption depuis plus de 25 ans.
 

 

Si ce combat a pris différentes formes au fil des ans, j’ai toujours veillé à ce qu’aucun groupe d’intérêt particulier (institution, communauté, groupe économique, idéologie…) n’ait jamais prise dessus. C’est là toute la difficulté de mon action politique mais, j’estime aussi, toute sa valeur. Jugez par vous-même…

 

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Aujourd’hui âgé de 50 ans, je suis directeur des études du Laboratoire européen d’Anticipation politique (LEAP) ainsi que fondateur et président d'honneur de Newropeans. Je suis également l'un des pères du programme Erasmus.

 

  • Sous ma direction, le Laboratoire européen d’Anticipation Politique a réalisé de nombreux séminaires et études sur l’avenir de la gouvernance européenne, de la place de l’UE dans le monde, de la démocratisation de l’Europe... En janvier 2006, le LEAP est devenu célèbre avec le lancement de son bulletin mensuel, le GlobalEurope Anticipation Bulletin (GEAB), dont je coordonne la rédaction. Le GEAB a notamment annoncé en février 2006 l’imminence d’une crise mondiale majeure (appelée « crise systémique globale » par le LEAP) et anticipe minutieusement chaque mois depuis lors les prochaines étapes de cette crise.

  • Newropeans est le seul et unique parti politique trans-européen. Cinquante-trois ans après la signature du Traité de Rome, alors que toute la vie publique est devenue trans-européenne (monnaie, services publics, circulation des biens et des personnes, entreprises…), la politique reste aux mains des partis nationaux. C’est à cette aberration et à ce danger majeur pour nos démocraties que je me suis résolu à répondre en créant Newropeans en 2005 avec mes compagnons de route et en le présentant - sans argent et sans médiatisation - pour la première fois aux élections européennes de 2009 dans 3 pays : France, Pays-Bas et Allemagne.

  • L'un des pères d'Erasmus,

 

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Mais comment en suis-je arrivé là ?

 

Né le 11 mars 1961 à Nice, je suis fils d’enseignants. J’ai donc grandi dans les cours d’école de la République en région parisienne, libre et protégé à la fois, seul (fils unique) et entouré, une cour de récré pour moi tout seul comme terrain de jeu quotidien … et déjà une bonne connaissance des coulisses du pouvoir (celui des maîtres et maîtresses d'écoles, le « pouvoir » aux yeux des écoliers)

Au terme d’une bonne scolarité, j’ai obtenu à 17 ans mon bac C (scientifique) au lycée Masséna, à Nice, où ma famille était revenue s’installer après 15 ans passés en région parisienne.

 

J’ai vécu la vie étudiante qui s’est ensuite ouverte à moi comme une série d’opportunités, d’expériences et de défis: approfondissement des sciences (maths sup…), passage du Bac A (littéraire), rencontre avec la maladie (maladie de Hodgkins à 20 ans), découverte de Paris (Sciences Po Paris), premiers pas dans la vie politique et citoyenne (présidence du Bureau des Elèves de Sciences Po…), prises de consciences diverses (traversée du Rideau de fer),… C’est également au cours de ces années que le projet politique qui m’anime a vu le jour puisque c’est dans le cadre du BDE de Sciences Po que j’ai lancé, en 1984 avec quelques amis dirigeants les bureaux des élèves d'autres écoles parisiennes (Poytechnique, HEC, ESSEC et Sup Telecom), la première association d’étudiants européens, AEGEE-Europe. A l'époque, en pleine eurosclérose, tout le monde nous disait « Ca ne marchera jamais : l'Europe est un projet moribond qui n'intéresse pas les jeunes ! ». La suite prouvera que non.

 

  • Association des Etats Généraux des Etudiants Européens, AEGEE est née d’un congrès européen organisé par les grandes écoles parisiennes et la Sorbonne. Deux ans plus tard, AEGEE comptait une cinquantaine d'antennes universitaires en Europe et plus de 10.000 membres, organisait des événements majeurs (nuit de l’Europe reliée par satellite,…) et surtout permettait le lancement d’ERASMUS en alertant le président Mitterrand et le chancelier Kohl sur le fait que les ministères de l’éducation français, allemand et britannique étaient en train de tuer le programme. Le déjeuner qui s’est tenu à l’Elysée en Avril 1987 entre les membres d’AEGEE et M. Mitterrand et suite auquel le Président français a fermement réaffirmé son intention que le programme ERASMUS voit le jour au cours d’une intervention télévisée, a ainsi été le moment décisif du déblocage et de l’adoption de ce programme.

 

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Depuis lors, mes vies professionnelle et politique se mêlent intimement pour mieux se mettre au service de mon projet pour l’Europe :

 

Comme annoncé deux ans plus tôt, en 1988, alors qu'AEGEE-Europe est devenu le mouvement européen étudiant incontournable dans le système communautaire, je quitte sa présidence et fonde avec la plupart des créateurs d’AEGEE le premier parti politique trans-européen, Initiative pour une Démocratie Européenne (IDE). Expérience politique de potaches riche d’enseignements, je n’aurais pas imaginé qu’IDE resterait pendant vingt ans, jusqu’à Newropeans, la seule tentative électorale européenne réussie: IDE a pu se présenter en Espagne, en France et aux Pays-Bas pour les élections européennes de 1989. Si la structure d’IDE n’a pas survécu aux coûts de sa première campagne européenne de 1989, c’est le même esprit qui insuffle aujourd’hui Newropeans; et surtout IDE a constitué un formidable test dont j'ai tiré de multiples enseignements pour le développement de Newropeans. A titre anecdotique, l'un des cinq points-clés du programme d'IDE, élaboré début 1988, demandait à la Communauté européenne de se préparer dans les dix ans à venir au « retour de l'Europe de l'Est vers l'Europe » car l'URSS ne pourrait pas empêcher plus longtemps une telle évolution. Nombre de journalistes ont utilisé ce point au cours du premier semestre 1989 pour illustrer le caractère « délicieusement naïf » de nos analyses. L'Histoire prouva qu'il ne fallut qu'un an pour déclencher ce retour vers l'Europe.

 

Dès les années 1990, je me donne les moyens de perpétuer le travail d’AEGEE en créant Prometheus-Europe, une association de jeunes professionnels européens consacrée à l’information sur les politiques et programmes communautaires au service tant des bénéficiaires potentiels (information top-down) que des institutions (évaluation bottom-up). C’est bien sûr la deuxième partie de notre mission qui sera à la fois la plus politique, la plus utile mais aussi la plus controversée au sein des institutions communautaires. Dans le cadre de Prometheus-Europe, nous sommes tombés sur de nombreux dysfonctionnements des politiques et programmes européens qui nous ont amenés à faire un intense travail de mise en garde des institutions, toujours assorti de propositions concrètes de réformes et d’améliorations. C'est notamment le cas en 1991 quand, scandalisé par l'indifférence des services concernés à la Commission européenne, je signe la lettre ouverte, élaborée par l'équipe de Prometheus-Europe, sur les dysfonctionnements du programme TEMPUS, adressée à 500 hauts fonctionnaires de la Commission européenne, tous les parlementaires européens et l'ensemble des Ministres des Affaires étrangères et des Ministres de l'Education européens. Elle déclenche une enquête de la Cour des comptes Européenne qui me demande officiellement d'y participer et constitue ainsi la première remise en cause sérieuse de l'opacité et de la mauvaise gestion des programmes communautaires. De manière générale, pendant près d'une décennie, nous avons alerté la Commission qu’elle allait au devant de graves problèmes si elle ne réformait pas ses modes de fonctionnement, en particulier en ce qui concernait la gestion de ses programmes. Considérés comme des empêcheurs de tourner en rond, un an avant sa chute, le cabinet du président de la Commission, Jacques Santer, m'enjoint d'arrêter d'envoyer nos analyses sur ces questions à la Commission. La suite des évènements parle d'elle-même.

 

Parallèlement, au cours des années 1990, je lance Prometheus-Europe dans une série de rencontres globales en organisant une trentaine de conférences sur l'avenir des relations entre l'Europe et différentes parties du monde : monde arabe, Amérique latine, Asie, Turquie, Russie et Amérique du Nord. C'est pour moi une découverte de la planète et surtout de ce que les gens de ma génération ont dans la tête quand on essaye de penser ensemble aux prochaines décennies. L'un de mes grands souvenirs de cette époque, c'est l'enchaînement en quelques semaines de trois congrès que nous avons organisés en Thaïlande, au Pérou et aux Etats-Unis : un choc de cultures, de partenariats et d'idées propice à mieux comprendre les difficultés concrètes de cette globalisation en cours.

En ce qui concerne les relations transatlantiques, en 1997, la Commission européenne me demande de constituer l'équipe d'Européens qui participera à l'atelier « Nouvelles technologies » d'un grand congrès organisé à Washington et censé associer la société civile aux relations UE/USA. De cette rencontre née le projet TIESWEB qui deviendra la principale innovation dans ce domaine au cours de la décennie suivante. Tiesweb, ainsi que tous les conférences connexes, m'a ainsi conduit à découvrir les deux-tiers des Etats du pays et à rencontrer un échantillon très large de la société américaine. Cette expérience complète ainsi la connaissance recueillie lors de la visite d'un mois que m'avait offerte le gouvernement américain en 1991 dans le cadre de son programme « Young european Political Leaders ».

 

Pensant que le temps est venu de passer de la critique vaine car orientée vers des bureaucraties qui ne veulent pas changer, je créé le réseau Europe 2020, club de réflexion indépendant travaillant, avec de nombreuses associations et en partenariat avec les institutions communautaires et nationales (Commission, Conseil de l’UE, Ministères nationaux des affaires européennes et étrangères, pour l’essentiel) sur des thématiques clés de l’avenir de l’UE : gouvernance, démocratisation, place de l’UE dans le monde, réforme institutionnelle, élargissement. Notre initiative développe ainsi une réflexion parallèle à celle des institutions, comme celle de la Task-Force « Gouvernance européenne » de la Commission avec laquelle nous collaborons ponctuellement. Suite à la crise salutaire générée par la démission de la Commission Santer, tous les espoirs sont alors permis, mais le livre blanc de cette task-force est enterré par le secrétaire général de la Commission (qui, hasard bruxellois oblige, était l'ancien responsable du programme TEMPUS dont nous avions dénoncé la mauvaise gestion en 1991 … comme quoi l'incompétence rapporte dans les bureaucraties). Voyant toute chance de réforme de l’institution disparaître, et la plupart des jeunes eurocrates motivés et compétents commencer à quitter la Commission, je décide qu'il n'y a plus de temps à perdre avec Bruxelles et je réoriente nos séminaires d’anticipation en direction des fonctionnaires et diplomates des Ministères nationaux.

 

Nous continuons de produire rapports, notes de synthèse et recommandations opérationnelles en direction des institutions jusqu’en 2005. C’est dans ce cadre que nous alertons en Octobre 2004 le gouvernement français de notre quasi certitude d’un échec du référendum sur la Constitution européenne en cas de non prise en compte de la légitime demande démocratique des populations ; et sans une modification radicale de la communication utilisée pour « vendre » la Constitution : finie l'Europe des petits enfants et des ballons qui volent, place à celle des citoyens qui veulent comprendre et contrôler. Le débriefing du ministre des affaires étrangères n'ayant servi à rien, je décide qu'il est temps de passer à une nouvelle phase en anticipant l’échec à venir des référendums. Puisque les institutions et les partis nationaux sont incapables d'anticiper les évolutions européennes, de réformer et de démocratiser l'UE, il va donc falloir passer par l’action politique. C'est le retour aux sources d'IDE, et je propose en Janvier 2005 la création de Newropeans. Pendant six mois, nous préparons son lancement qui se déroule comme prévu quelques jours après l'échec des référendums français et néerlandais.

 

Parallèlement, rompant avec près de vingt ans de coopération difficile mais constante avec tout ou partie du système communautaire, je lance le Laboratoire européen d’Anticipation Politique qui s'oriente vers le grand public et qui se saisit d'un thème que je vois grandir depuis quelques années et dont j'anticipe l'imminence : la crise systémique globale. En Février 2006, je signe le communiqué public qui annonce le déclenchement prochain de cette crise systémique globale. A ma grande surprise, il suscite un engouement planétaire sur l'Internet avec des millions de lecteurs ; tandis que la grande majorité des experts ricane en dénonçant le caractère farfelu d'une telle éventualité. Nous connaissons tous la suite car le monde est emporté par cette crise depuis maintenant près de trois ans.

 

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Mais ce n’est pas tout, voici en vrac quelques unes des actions que j’ai également menées au cours de ces 25 dernières années :

 

En 1996, à Marrakech, dans le cadre de Prometheus-Europe, nous organisons l’un des plus importants congrès sur l’avenir des relations euro-méditerrannées du point de vue des sociétés civiles.

 

En 1997, à Blair House, lors du Sommet euro-américain de Washington, je lance TIESWeb, le premier portail web transatlantique destiné au dialogue entre sociétés civiles européenne et américaine.

 

En Octobre 2000, pour marquer l'arrivée de nouvelles générations d'Européens nées après le Traité de Rome et contribuer à imaginer l'Europe de demain, Prometheus-Europe, en partenariat avec d’autres organisations dont AEGEE-Europe, tient à la Sorbonne le congrès " Newropeans 2000 - Nouvelle Europe, Nouveaux Défis, Nouvelles Générations " qui réunit près de 2.000 jeunes Européens ainsi que de nombreux chefs d'Etat, de gouvernement, ministres et commissaires européens. Ce congrès donnera son nom à une organisation citoyenne d’abord puis à ce qui devient le parti politique Newropeans en 2005.

 

En Juin 2002 et suite à ce congrès, je lance l’un des plus importants projets mondiaux de e-démocratie, EU Student Vote, qui permet l'élection par Internet du premier Conseil Etudiant de l'Union européenne. C’est grâce à ce projet que je figure au nombre des 25 personnes/projets finalistes « qui changent le monde d'Internet et de la politique » (parmi 1.096 propositions désignant 292 personnes ou sites web de 30 pays différents) dans le cadre de l'élection organisée par Politics Online et le 5éme iDémocracie Mondial Forum!

 

En 2002-2003, je consacre près d'une année complète à une série de 100 conférences citoyennes dans 25 pays européens, le Newropeans Democracy Marathon sur le thème « Quel avenir pour l’Europe ? ». Ces conférences, et les échanges avec des milliers d’européens de tous milieux et de tous âges auxquels elles donnèrent lieu, me permettent d’élaborer le corpus de base de ce qui deviendra plus tard le programme politique de Newropeans, un programme fondé donc sur une consultation personnalisée de l’opinion publique européenne, plus tard validée par les membres de Newropeans.

 

En 2003, j’ai la bonne surprise d’être élu l’un des Héros européens de l’année 2003 par les lecteurs du TIME Magazine.

 

En 2005, dans le même esprit, je me lance dans un Transatlantic Citizen Marathon organisé par TIESWeb. Je me rends ainsi dans 10 états différents pour mener une série de conférences et de débats avec des Américains sur l'avenir des relations EU-US.

 

En 2006, je décide de lancer le GlobalEurope Anticipation Bulletin dans le cadre du Laboratoire européen d’Anticipation Politique. Le numéro 2 de cette revue électronique mensuelle diffuse, en Février, une « Alerte Crise Systémique Globale » qui fera le tour du monde et consacrera la notoriété de cette nouvelle publication. Depuis lors, je coordonne chaque mois la rédaction du GEAB qui continue à analyser les tendances de la crise et à en anticiper les prochaines étapes.

 

En 2009, à la veille du G20 de Londres, je décide avec LEAP d’investir dans une pleine page de l’édition internationale Financial Times pour tenter d’alerter sur l’urgence de repenser le système monétaire international et de le fonder sur un panier de monnaie et non plus sur le seul dollar US, cause du chaos financier, économique, social et politique mondial.

 

En 2010, la présidence espagnole de l’UE me fait l’honneur de me faire figurer au nombre des 20 personnes qui ont changé notre monde, pour mon action décisive en faveur d’Erasmus.